--Mais t'aime-t-il seulement? demanda le père, incapable de répondre par des arguments sérieux à ces raisonnements saugrenus.

--S'il m'aime!

Un éclair de joie orgueilleux jaillit des beaux yeux fleur de la de la jeune coquette.

--S'il m'aime! reprit-elle; demandez-le lui, papa, vous verrez ce qu'il vous dira!

--Alors, c'est moi qui dois lui proposer ta main? conclut ironiquement le ministre.

Marianne fit une révérence.

--S'il vous plaît, mon cher papa. Vous savez très bien que, sans cela, il n'osera jamais faire les premiers pas. Nous ne dérogeons pas, du reste; c'est ainsi que se négocient les mariages des princesse du sang quand elles épousent de simples mortels!

Le père et la mère de Marianne échangèrent un regard par-dessus la tête de cette indisciplinée, et ne purent réprimer un sourire.

--Voyons papa, soyez gentil mariez-moi à Dournof, et je vous aimerai bien! Je n'ai rien demandé à maman, parce qu'elle ne me contrarie jamais. Ce n'est pas elle qui aurait menacé de me laisser mourir de chagrin!

--Je t'ai menacée, moi, de te laisser mourir?... demanda M. Mérof, abasourdi de tant d'aplomb.