Le portrait d'Antonine resta à la muraille.
Le jour même, la Niania, en apportant le petit Serge à son père, comme elle le faisait chaque matin, s'aperçut de ce changement; elle resta immobile, les yeux pleins de larmes figées, devant ce cadre qui disait tant de choses.
--Maître, dit-elle enfin, si ton épouse le voit, que dira-t-elle?
--Bah! répondit Dournof en haussant les épaules, elle ne vient jamais ici.
La Niania reporta son regard plein de pitié sur le jeune père et sur l'enfant qu'elle tenait, mais elle ne dit rien.
Dournof, penché sur son fils endormi, l'embrassait tendrement.
--Pourvu qu'il ne lui ressemble pas! pensait-il en songeant à Marianne.
--Nous lui apprendrons à chérir sa tante qui est au ciel, dit la Niania, devinant la secrète pensée de son maître.
Dournof, sans lui répondre, lui fit doucement signe de le laisser seul.
En ce moment Marianne se présentait sur le seuil, fraîche et parée pour la promenade.