Dournof sortit du salon comme un fou, et fit le tour de la maison déserte. Les domestiques prenaient le thé du soir dans la cuisine, tout paraissait en ordre, mais madame n'était pas rentrée pour le dîner, ce qui lui arrivait parfois, et la chambre de la petite fille était déserte.

Il revint chancelant et trébuchant contre les murailles; la vue de son beau père lui rendit quelque énergie.

--Pourquoi est-elle partie? demanda-t-il avec un geste de vague espérance.

--Elle est partie parce que, dit-elle, vous lui aviez fait une vie impossible.

Dournof fit un geste de dénégation, que le ministre arrêta à mi-chemin.

--Je sais tout ce que vous me direz, interrompit-il, et je ne puis vous accuser; d'ailleurs la malheureuse s'est donné tous les torts...

--Elle n'est pas partie seule? s'écria Dournof d'une voix tonnante.

Mérof baissa tristement la tête.

--Qui? qui? répéta le mari outragé, en broyant entre ses mains le dossier de la chaise dorée qu'il tenait devant lui.

--Cet Italien, ce marquis... Ils sont partis pour l'étranger tantôt. Vous pouvez les faire arrêter...