--Je vais vous faire faire connaissance avec notre famille... Mon mari... Le mari salua. Mon fils, Jean...
Jean Karzof venait, bien mal à propos, de demander une polka au tapeur aveugle, et le salon retentissait des accords mélodieux des "folichons". Jean s'inclina devant le monsieur, qui lui serra la main à l'anglaise.
--Et ma fille Antonine, où est-elle, Jean?
--Là-bas, maman, répondit respectueusement le jeune homme.
Antonine était là-bas, en effet, qui dansait la polka avec un "petit jeune homme"; au moment où sa mère lui lançait un regard irrité, elle l'aperçut qui quittait le petit jeune homme pour repartir aussitôt avec les besicles, et la colère de son regard se changea en une approbation qui devint du regret en retombant sur le général Titolof.
--Je vous la ferai voir tout à l'heure, général; passez donc par ici.
--Trop heureux, dit le général d'une voix suave.
Jean s'enfuit en pouffant de rire vers ses amis.
--Il ne miaule pas, dit-il, il bêle!
Antonine revint pourtant vers sa mère, car il fallait bien finir par là, et la présentation eut lieu.