--Quoi?
--Que vous n'êtes pas de race noble.
--Eh bien! Je n'en suis pas honteux, allez. Je suis fier de mon père.
--Vous avez raison! s'écria Catherine avec élan. Nous sommes pourtant de deux races ennemies... ajouta-t-elle avec un demi-sourire, en appuyant la main sur le soubassement de la ruine couronnée de fleurs sauvages.
--Il n'y a plus de races, Catherine Ivanovna; il n'y a plus que des hommes, des frères qui doivent s'aimer entre eux, dit le jeune homme d'une voix sérieuse et profonde. Adieu, à l'année prochaine!
--A l'année prochaine! répéta la jeune fille en baissant la tête.
Soudain elle dégagea sa main des plis de son châle et la tendit au jeune homme. Philippe la prit et la garda dans les siennes. Il avait envie de la porter à ses lèvres; il n'osa, et resta immobile, craignant de rompre le charme!
--Non, répéta-t-il, nous ne sommes pas de deux races ennemies; adieu, soyez heureuse!
Il laissa retomber la main de Catherine et prit le chemin de la maison.
--Tu n'as pas dit adieu A Philippe? dit madame Bagrianof en voyant rentrer Catherine.