--Oui, mon père, si vous voulez bien y consentir... Je suis jeune, je le sais...
--Ca ne fait rien, dit Savéli; on peut se marier jeune. Tu veux que je te cherche une fiancée?
--Non, mon père, j'ai trouvé celle que je désire épouser.
--Ce n'est pas une paysanne, j'espère? dit Savéli en fronçant le sourcil.
--Non, mon père, c'est une demoiselle noble.
--Bien!--Savéli inclina la tête d'un air satisfait.--Et tu la nommes?..
--Catherine Bagrianof.
--Une Bagrianof s'écria Savéli en se levant tout d'une pièce. Il regarda son fils d'un air terrible.--Tu aimes une Bagrianof? C'est impossible.
--Je l'aime! répondit Philippe très-pâle et regardant son père en face.
Les yeux des deux hommes se rencontrèrent. Ceux du père exprimaient une haine implacable, ceux du fils une volonté énergique. Ce fut Savéli qui détourna son regard.