Le père Vladimir était dans son jardin; Philippe ouvrit la petite porte et se dirigea vers lui.

--J'ai à vous parler, mon père, dit-il à demi-voix.

Le prêtre regarda le jeune homme.

--Venez, dit-il.

Il se doutait de ce qui l'amenait. Les longs séjours de Philippe dans le jardin, ses lectures du soir à la maison Bagrianof lui avaient donné bien du souci. Toute intervention était cependant impossible; aussi s'était-il borné à se tenir le plus souvent à l'écart des deux familles, afin de n'avoir pas d'avis à donner.

Les deux hommes descendirent silencieusement la route qui menait au rivage. Un bois épais longeait la rivière; l'herbe croissait grasse et molle jusqu'au sable de la rive. Quand ils furent arrivés là, loin de toute oreille humaine, le prêtre s'assit sur un tronc d'arbre desséché. Philippe resta debout devant lui.

--Que voulez-vous? demanda le père Vladimir.

Pendant cette courte promenade, le jeune homme avait eu le temps de calmer sa première effervescence.

--Pourquoi mon père ne veut-il pas que j'épouse Catherine? dit-il enfin.

Le père Vladimir ne répondit pas.