--Pourquoi? dis-moi pourquoi? fit Catherine avec insistance.
La légende lui revint à la mémoire.
--Il y a un crime, n'est-ce pas? lui dit-elle en frissonnant. C'est mon aïeul?...
--Il y a tant de crimes, reprit le jeune homme éperdu que la justice de Dieu ne sait plus où frapper. Je t'aimerai toujours, Catherine; dis-moi adieu pour la vie.
--Non, non! s'écria-t-elle en s'attachant à lui,--je ne puis pas te dire adieu, je t'aime! Sans toi, la vie n'est rien!...
--C'est notre lot à tous les deux: prier et pleurer loin l'un de l'autre pour l'expiation éternelle des crimes que nous n'avons pas commis, répondit Philippe, le coeur débordant d'amertume. Je pars, je ne reviendrai jamais; dis-moi que tu me pardonnes, que tu sais que ce n'est pas ma faute. Tu me crois, n'est-ce pas?
Et il serrait contre lui Catherine frissonnante d'horreur.
--Je te crois, dit-elle, et je t'aime.
--Pour toujours?
--Oui... Je ne te verrai plus?