--Eh bien, tu l'auras.
Fédotia, éperdue de joie, se jeta aux pieds de Bagrianof, riant, pleurant, baisant ses vêtements.
--Ne baise pas mes pieds, continua Bagrianof, c'est du bien perdu. Ton Savéli ne sera pas soldat, mais tu vas me dire merci.
--Que le Seigneur vous comble de bénédictions, commença la jeune fille, prête à défiler le long chapelet de bénédictions dont les paysans russes ne sont pas avares.
--Ce n'est pas ainsi que je l'entends. Allons, sois gentille, ne fais pas de bruit, hein?
Il la saisit par la taille et l'enleva. En perdant pieds, Fédotia poussa un cri percent.
--Si tu cries, je te mets dehors, et Savéli ira en Sibérie! gronda le seigneur. Pas un mot tu m'entends!
Fédotia ne dit plus rien.
IX
Lorsqu'elle sortit du cabinet de Bagrianof, aussi blanche que la neige du dehors, elle marchait d'un pas automatique.