--J'ai une demande à formuler à monsieur, me dit-il avec une gravité surprenante.
--Formulez, mon ami, formulez votre demande.
--C'est que, monsieur, depuis que M. Vernex demeure ici, moi, je demeure dans la grange...
--Eh bien? trouveriez-vous qu'il est temps de troquer vos appartements?
--Non, monsieur, mais j'ai pensé que peut-être, si monsieur voulait bien m'accorder son agrément, avec la permission de monsieur, j'aurais bien aimé épouser Félicie.
Épouser Félicie, demeurer dans la grange... Je ne saisis pas tout d'abord le rapport occulte entre ces deux idées.
--Félicie? fis-je d'un air peu intelligent, faut-il supposer, car Pierre, avec sa bonté ordinaire, vint à mon secours.
--Oui, monsieur; comme ça, je ne coucherais plus dans la grange.
--Ah! très-bien! fis-je. J'avais compris. Mais Félicie n'est pas très-jeune, et vous-même...
--Félicie a cinquante-neuf ans et demi, monsieur, et moi j'en ai cinquante-sept; la différence d'âge n'est pas considérable, et d'ailleurs ce n'est pas cela qui fait le bonheur.