Elle me regardait avec des yeux, de femme mûrie par la douleur, et qui sait ce qu'elle veut...
--Fais ce que tu voudras, lui dis-je, je t'ai mal mariée, je n'ai pas le droit de te contraindre.
Je sortis du salon, mais je n'avais pas eu le temps daller jusqu'à l'escalier, quand je sentis la main de Maurice me retenir:
--Je pars, monsieur Normis, dit-il, je m'en irai demain, venez assister à nos adieux.
Je rentrai. Suzanne vint à ma rencontre, et se laissa glisser à mes genoux. Je la reçus à moitié route.
--Pardon, me dit-elle en pleurant, pardon, cher père,--j'avais fait ce beau rêve,--il est impossible... soit. Pardonne-moi seulement, je ne croyais pas mal faire.
--Eh! mes pauvres enfants, m'écriai-je, que nous sommés malheureux!
Après un montent de trouble, Maurice s'approcha de moi.
--Adieu, monsieur, me dit-il, j'aurais été heureux, bien heureux de vous nommer mon père. Tâchez qu'elle soit heureuse!
--Au revoir, Maurice, dit Suzanne en tendant la main au jeune homme, au revoir. Quoi qu'il arrive, nous nous reverrons.