CCXXIV
Denise à Philippe.

Dimanche 4 juillet.

Mon ami, je suis bien émue... je lis dans le journal qu'une rencontre à l'épée a eu lieu hier matin samedi entre deux clubmen connus MM. M. Ch. et P. de L. et qu'après la deuxième reprise M. de L., a été touché à l'avant-bras, ce qui a mis fin au duel.

C'est vous, c'est vous! Ah! mon Philippe, voilà donc la raison de votre air préoccupé? Je suis bouleversée; ma première pensée a été de courir chez vous; mais j'ai eu peur de m'y rencontrer avec votre blonde amie; alors, je me résous à vous faire porter cette lettre par mon vieux François. Ah! permettez-lui d'entrer auprès de vous pour qu'il me dise qu'il vous a vu et comment vous êtes.

Avez-vous quelqu'un pour vous soigner? Voulez-vous que je vienne? Je suis folle d'inquiétude. Ah! mon grand, mon cher, cher grand... quand je pense qu'il pouvait vous tuer!... Mais pourquoi ce duel?

Tenez, je pleure comme une bête!

CCXXV
Philippe à Denise.

Dimanche.

Ma chère amie,

Je dicte cette lettre à mon frère; ma blessure est douloureuse mais peu grave; j'ai le dessus de l'avant-bras balafré et percé en séton. Le docteur ne paraît pas inquiet; je suis un peu fiévreux; mon bras est engourdi et me semble lourd; par prudence on me fait garder le lit aujourd'hui.