30 juillet.

Merci, Denise, d'avoir accepté mes projets; s'ils s'accomplissent, la vie pourra encore nous être douce, mon amie. Approuvé par vous, je vais me mettre bravement à la tâche. Voici vos lettres. Je me suis attendri tout à l'heure sur ces chiffons de papier lus au hasard. Ils m'ont remis en mémoire des peines, des plaisirs autrefois vivement sentis.

J'ai retrouvé ainsi entre leurs lignes de belles et radieuses espérances auxquelles la réalité a, depuis, cassé les ailes... C'est une manière saisissante de se souvenir...

Je tiens extrêmement à ces lettres, Denise. Elles contiennent beaucoup de notre amitié qui a pas mal vécu par correspondance. Vous vous y êtes donnée toute, pour cela je les aime. Je compte que vous me rendrez, avec une fidélité absolue et complète, ce dépôt que je vous confie. Soyez-en persuadée, ces lettres ont toujours été accueillies soit avec la tendresse, soit avec le respect amical qu'elles méritaient. Je ne suis pas indigne de les posséder et j'ai la confiance qu'elles ne vous inspireront aucun regret.

Enfin, vous me croirez si vous voulez, mais cet envoi m'émeut un peu...

CCXL
Denise à Philippe.

2 août.

Oui, n'est-ce pas? quelques battements de nos cœurs, les meilleurs peut-être, sont là dans ces feuilles...

Cher, qu'importe de vieillir quand on est deux, si merveilleusement, si amoureusement amis!

FIN