Encore un mot. Savez-vous ce qui m'étonne? C'est que, tandis que notre temps cherche querelle pour la moindre bagatelle aux anciens historiens et chroniqueurs, et leur reproche d'avoir faussé les choses, ce même siècle mette tout en œuvre pour transmettre ce qui se passe sous ses yeux à la postérité, aussi orné et aussi enjolivé que possible. Nous qui frappons des médailles à propos de tout, qui faisons des odes sur tout, qui mesurons tout au plus large et le présentons le plus pittoresquement possible; nous qui écrivons et chantons, en admiration devant nous-mêmes, et qui plaçons tout dans le feu d'artifice de notre enthousiasme; nous qui donnons une teinte romanesque et chevaleresque à tout ce qui est à nous, nous prenons si gravement à partie les générations antérieures parce qu'elles ont aidé un peu les héros et les sages dans leur héroïsme et dans leur sagesse, et parce qu'elles ont mis ici une petite lumière, là une fleur, ailleurs une perle ou un rideau: c'est inconvenant!

«Il y avait une fois un roi et une reine qui étaient si tristes, etc.»

1837.


[1] Je dois ici rendre justice à la générosité de mon ami Baculus, qui m'a causé une surprise très-agréable, il y a quelques mois, en m'envoyant un exemplaire de mon ouvrage de prédilection. Le bonhomme a fait ce qu'il pouvait, mais ce n'était pas ma Mère-l'Oie.

[2] Bible pour la jeunesse, D. 1, part. 3.

[3] Si on leur laisse feuilleter des livres, c'est par exemple les Fables de Gellert (qui ne sont pas écrites pour la jeunesse); afin qu'ils puissent apprendre plus tôt à se défier de leurs semblables et à se moquer des femmes.

[4] Depuis qu'on a commencé à civiliser le monde des insectes dont M. Bertolotto a donné un sublime exemple, nous avons du moins un rayon de consolation. Et quant à la société de l'amélioration morale et à la société de tempérance, il faut s'attendre a ce que le microscope nous offre dos scènes plus pacifiques!


[XI]