—Du vin, monsieur, demanda Gerrit avec le plus innocent visage du monde, en se versant un verre de bière.
—Par les dieux! s'écria monsieur un tel, Gerrit n'a pas de vin, et courant en avant, il revient avec une bouteille à rabat. Lorsqu'il a quitté la cuisine, Gerrit cligne extraordinairement de l'œil, et est transporté de contentement.
Les messieurs se remettent en voiture. Ils sont surexcités. L'un veut aller en voiture, l'autre veut rester en arrière. Le troisième veut avoir le fouet. Le quatrième déclare qu'il consent à donner dix stuivers à Gerrit, s'il fait en sorte de les verser.—J'ai de l'argent, assez, monsieur, répond Gerrit; j'aime mieux mourir demain qu'aujourd'hui.
Il est ferme sur son siège, fait claquer son fouet, cligne des yeux, répond par des plaisanteries, et ne fait pas un pas de plus qu'il ne lui convient.
Il est tard dans la nuit, lorsque Gerrit arrive à la maison. Le garçon d'écurie ouvre la porte et l'éclaire en face avec sa lanterne.
—Tu as un peu chaud, hein? dit Gerrit; moi je tombe du sommeil que j'ai abrégé ce matin.
—Un bon pourboire? demanda le valet d'écurie en frissonnant, dans sa casaque de toile, de froid, de sommeil et de désir.—Une poupée de l'homme, André!—C'est une honte, Gerrit! de tels pourboires quand vous traînez toujours à rentrer.—Allons, dit Gerrit, laisse-moi gagner mon lit, et que je n'aie plus à me soucier de rien.
[1] Leyde, où se trouve la principale université de Hollande.