Je ne sais si les pièces publiées à cette occasion valent plus ou moins que les autres. Mais cela m'étonnerait, parce qu'elles sont toutes des produits d'un même esprit et d'un même temps. Il y a beaucoup de choses dans le volume complet que je t'offre maintenant pour la troisième fois, que je sentirais, considérerais et exposerais autrement. Beaucoup de choses ont perdu le mérite de l'à-propos. Mais je le donne tel qu'il est et pour ce qu'il est. Il faut juger les écrits d'après leur date; c'est toujours une excellente maxime. Si en ce moment je trouvais l'occasion d'employer la même forme d'écrire, je croirais être obligé à donner quelque chose de plus intéressant et de plus spirituel, et surtout qui atteste une plus profonde connaissance des hommes et une contemplation plus féconde de la vie. Si j'y étais impuissant, je devrais dire que j'ai vécu une douzaine d'années inutilement.

Mon digne ami, depuis que je t'ai dédié pour la première et la deuxième fois la plus grande de partie ces morceaux insignifiants, il s'est fait passablement de vide en nous et hors de nous. La vie est maintenant pour nous une chose claire; nous pouvons bien dire qu'elle nous est connue, et nous sommes fixés de différentes manières sur ce qu'elle a de sérieux et sur nous-mêmes. Il s'est éveillé des inquiétudes en nous, et il s'est fait sombre là-haut. Des larmes ont coulé dont notre joyeuse jeunesse, malgré toute la vivacité de son imagination, n'avait pas d'idée. Heureux si nous avons appris à connaître des joies et aussi des consolations dont la force et le bonheur n'avaient pas rempli nos jeunes cœurs! Ce sont elles: et les mêmes que notre joyeuse jeunesse nous a données, elle les a à sa disposition et elle les donne à qui en a besoin. Remercions Celui qui nous a donné un cœur pour tout sentir, un cœur auquel rien d'humain n'est étranger, et qui ne reste pas non plus sans émotion en présence des choses divines. Aussi dans ce temps de jeunesse de notre esprit que ce volume nous rappelle, nous restons de temps en temps muet, mis en contact avec le grand, avec le sublime. Le temps est venu d'y donner tout à fait notre cœur et de voir sous leur vraie lumière toutes choses, et avant tout, nous-mêmes. Non, la question n'est plus de jouer, mais bien de redevenir enfants. Et celui-là seulement est un enfant, dans lequel la force, la sagesse et la joie qui sont propres à l'homme se retrouvent!

FIN.


TABLE DES MATIÈRES.

[Avant-Propos]

[LA CHAMBRE OBSCURE]
I.[Les petits garçons]
II.[Malheurs d'enfants]
III.[Une ménagerie]
IV.[Un homme désagréable dans le bois de Haarlem]
V.[Humoristes]
VI.[Le trekschnit, la diligence, le bateau à vapeur]
[et le chemin de fer]
VII.[Jouissance des plaisirs]
VIII.[Les amis éloignés]
IX.[L'hiver à la campagne]
X.[Le progrès]
XI.[L'eau]
XII.[Enterrer!]
XIII.[Une exposition de tableaux]
XIV.[Le vent]
XV.[Réponse à une lettre de Paris]
XVI.[Antoine le chasseur]
[TYPES HOLLANDAIS.]
I.[Le batelier]
II.[Le domestique du batelier]
III.[Le barbier]
IV.[Le cocher de louage]
V.[La jeune fille du Brabant du nord]
VI.[Le voiturier limbourgeois]
VII.[Le pêcheur de Marken]
VIII.[Le chasseur et le polsdrager]
IX.[Le pêcheur à la ligne de Leyde]
X.[La paysanne de la Hollande du nord]
XI.[Le paysan de la Hollande du nord]
XII.[La garde]

[Épilogue et dédicace à un ami]
[Deuxième édition]
[Annexé à la troisième édition pour faire suite aux pièces précédentes.]

FIN DE LA TABLE.