La panse! cria du haut d'un des pommiers voisins une voix qu'accentuait un rire insolent.

Monsieur Bruis sentit tout son sang lui monter à la tête; car c'était la voix du gamin de cinq ans qui, dès que son père avait tourné les talons, avait naturellement rompu son ban.

Monsieur Bruis se tourna de tous côtés pour découvrir le polisson, mais il ne l'aperçut pas. Il ne put toutefois s'empêcher de faire un mouvement avec sa canne, comme s'il lui en administrait un bon coup.

Il atteignit la porte, mais comme il n'était pas initié aux mystères de la serrure, il se passa assez de temps avant qu'il réussit à l'ouvrir, ce à quoi contribuaient, on le comprend, sa hâte et la surexcitation dans laquelle il se trouvait, tandis que le gamin ne se faisait pas faute de répéter sur tous les tons son sobriquet académique.

—Dieu soit loué! s'écria monsieur Bruis, du fond du cœur, quand il arriva au bout de l'allée de maître Moris, fermement résolu à gagner au plus tôt le premier logement venu dans la ville que je ne nommerai jamais. Justement il n'avait pas encore eu le temps de se refroidir.

—Eh bien! voire ami le docteur Deluw? demanda madame Bruis à son excellent époux qui, huit jours plus tard, se reposait des fatigues du voyage à côté de sa digne moitié, en se rafraîchissant au moyen d'un grand verre de vin du Rhin et d'eau gazeuse convenablement sucré.

—Avez-vous été parfaitement reçu? N'a-t-il pas été ravi de vous voir? A-t-il une gentille femme et de jolis enfants?

—Mon ami le docteur Deluw, ma chère, a un charmant jardin où l'on prend du thé, une femme, deux fils et deux filles qui lui donnent beaucoup de satisfaction, surtout la fille ainée...

Et il remua une fois encore son grand verre rempli de vin, d'eau gazeuse et de sucre, et le vida d'un seul trait.

FIN D'UNE VIEILLE CONNAISSANCE.