—Oh oui, s'il vous plaît!

Et monsieur Dorbeen ajouta en rimant sur un ton très-sérieusement comique:

Allons, Kôse,
Charmante rose,
Récite-nous quelque chose!

Et Mietjen qui n'était rien qu'une bonne personne répéta son: Eh oui! Le vieux Stastok dit: Allons! et bourra une pipe; et le jeune Stastok s'enhardit jusqu'à dire en rougissant beaucoup:—Oh! s'il vous niait!

Mais la charmante enfant rougissait tellement, était si embarrassée et s'excusait d'un ton si suppliant que ma tante eut pitié d'elle et dit:

—Koosjen a peut-être peur du Monsieur étranger: je crois que nous lui ferons plus de plaisir en la tenant quitte pour cette fois-ci!

Sur quoi madame Dorbeen, fixant opiniâtrement les yeux sur la trompe de l'éléphant, dit d'un petit ton très-gentil:

—Oui, si le Monsieur étranger veut bien donner un dédommagement. Monsieur Hildebrand doit bien savoir quelque petite chose.

—Cela serait bien! dit tout le monde, et mon oncle se retourna pour consulter attentivement la pendule, car pour rien au monde il n'eût voulu que la soirée dégénérât en média-noche.

On bourra de nouvelles pipes; les Messieurs allèrent se rasseoir, monsieur Van Naslaan avec un soupir, monsieur Dorbeen avec l'œil d'un connaisseur, Pierre avec un regard de dédain, mon oncle de l'air d'un homme qui vient de consulter sa pendule et a découvert qu'il est neuf heures et demie. Je ne m'inquiétai nullement de ces Messieurs et me plaçai de façon à avoir précisément en face de moi le joli visage de Koosjen; il faut bien avoir quelque chose pour sa peine.