«P. G. VAN DER HOOGEN.
«Surnuméraire.
«Dimanche soir.»
—Cela me regarde, dis-je en prenant la parole. Monsieur Van der Hoogen va au-devant de sa condamnation. Je me vois donc obligé de dire toute ma pensée sur lui. Monsieur Van der Hoogen s'est révélé à moi comme un mauvais garnement, comme un homme digne de tous les mépris.
Je donnai ensuite les détails rigoureusement nécessaires pour éclaircir l'affaire, et fis connaître les obligations que m'avais imposées au fameux personnage dans ma visite du matin.
—Vous voyez, dis-je en terminant, qu'il cherche son retours dans l'impudence!
—Ne vous inquiétez pas de cela, mon immortel ami! s'écria monsieur Kegge. Vous avez, à ce qu'il me semble, royalement agi. Et maintenant au diable monsieur Van der Hoogen! Je veux être une tarière, si ses gants jaunes m'ont jamais plu; et puis il avait toujours la bouche pleine de grands seigneurs! Pourtant cela chagrinera peut-être Henriette...
Henriette ne répondit pas grand'chose; mais madame Kegge parla, en méconnaissant tout à fait le point en question, ce qui est le refuge ordinaire des femmes sans jugement:
—J'ai toujours trouvé que c'était un homme très comme il faut, dit-elle. Il ne m'a jamais offensée ou blessée en rien. J'avoue franchement que je suis fâchée qu'il ne doive plus venir nous voir.
—Sottises que tout cela! reprit monsieur Kegge. Le seul désagrément c'est que nous n'ayons plus personne qui fasse de la musique avec Henriette. Et vous parlez aussi de partir, mon immortel ami! ajouta-t-il en se tournant vers moi, nous allons donc nous retrouver tout seuls. J'aime avoir sous la main un bon garçon à qui parler.