[102: Comme on a déjà fait à la plupart des statues des Tuileries.]

[103: Celui de Pie VII, et celui d'une négresse.]

[104: «Un édit déférait le droit de maîtrise aux orfèvres, ébénistes, horlogers, menuisiers réunis à cette manufacture où l'on avait l'intention d'entretenir soixante jeunes gens exercés dans ces différens arts y compris celui de la tapisserie.» Encyclopédie.

Cette note explique très-clairement le sujet d'une tenture qui sans elle serait inintelligible. Louis XIV y est représenté visitant les Gobelins avec Colbert, et examinant tour à tour non-seulement des tapisseries, mais des vases d'or et d'argent magnifiquement ciselés, des pendules, des étoffes et des meubles de la plus grande richesse.]

[105: Dès le treizième siècle, le Châtelet de Paris rendit une sentence en faveur des tapissiers de haute lisse contre les tapissiers sarrasinais qui travaillaient les tapis à la façon du Levant.

Cet art, comme l'on voit, n'est pas récemment introduit en France.]

[106: «Henri IV avait déjà établi une manufacture de tapisseries, à l'instar de celle de Flandre, sous la direction des sieurs Comans et de la Planche.» Encyclopédie.]

[107: Avant St. Louis et depuis, les clercs et les moines étaient presque les seuls qui sussent lire; et personne ne leur enviait le petit nombre d'ouvrages dont ils étaient possesseurs et dont ils faisaient de continuelles copies. La bible, quelques traits des pères de l'église, des canons, des missels, des livres historiques et de plain-chant formaient dans ce temps toute la bibliothèque de nos rois. Saint-Louis, qui semble avoir eu pendant quelque temps le projet de créer un dépôt public de livres, n'y donna point de suite, puisqu'il légua sa bibliothèque aux Jacobins. Le roi Jean n'avait que six volumes de science et d'histoire et trois ou quatre de dévotion. La bibliothèque royale fut véritablement fondée par Charles V, qui plaça une collection de neuf cents dix volumes, collection immense pour le temps, dans une tour du Louvre, à la voûte de laquelle il ordonna qu'on appendît trente petites lampes d'argent, afin qu'on y pût travailler à toute heure.

Sous le règne désastreux de Charles VI, elle fut dispersée par le duc de Bedfort qui, pour mieux voiler ses déprédations, acheta pour une somme modique tous les livres qui la composaient (et que personne n'avait le droit de lui vendre pendant l'absence et la proscription de l'infortuné et glorieux Charles VII). Par ordre du duc de Bedfort, de ce prétendu régent de France, tous ces livres furent envoyés en Angleterre avec les archives du royaume déposées également dans la tour du Louvre. Cette bibliothèque fut rétablie par Charles VIII, et augmentée de manuscrits apportés de Naples, de la bibliothèque de Pétrarque, de celle du duc de Milan, du cardinal Strozzi, et surtout de beaucoup de livres imprimés. Elle s'accrut sous Louis XII des livres que le duc d'Orléans avait dans son château de Blois. François Ier incorpora cette collection à celle qu'il avait commencé de former à Fontainebleau; elle devint ensuite très-considérable par l'achat qu'il fit faire d'auteurs grecs et latins. Henri II contribua encore plus à son augmentation par l'ordonnance qui enjoignait aux libraires de fournir un exemplaire en vélin et relié de chaque livre dont on leur accorderait le privilège. Henri IV fit revenir cette bibliothèque à Paris, et y ajouta celle de Catherine de Médicis. Elle fut d'abord déposée dans une salle du collége de Clermont; ensuite dans une grande salle des Cordeliers; sous Louis XIII elle fut transportée dans une maison de la rue de la Harpe où elle fut singulièrement enrichie de manuscrits syriaques, turcs, arabes, et persans. Colbert la plaça dans la rue Vivienne et fit réunir dans le même local les autres curiosités[108] qu'elle contient. M. de Louvois lui destinait les bâtimens de la place Vendôme; ce projet s'évanouit avec lui. De la rue Vivienne elle fut définitivement transférée dans un démembrement du palais du cardinal Mazarin où elle se trouve aujourd'hui. Extraits de M. de St. Victor et de M. de Jouy.

M. Van Praet a bien voulu m'apprendre que la Bibliothèque royale contient actuellement quatre cent cinquante mille volumes imprimés et pareil nombre de pièces fugitives placées dans des cartons, et plus de cent mille manuscrits. L'intérieur de l'établissement ne peut être mieux tenu; et le jardin, où l'on admire une Diane de Houdon, vient d'obtenir depuis peu des ornemens très-soignés. Note de l'Auteur.]