—Tout à l’heure; voici un gros cahier de Chopin; c’est notre favori. Quel maître ! Quelle fièvre, quels cris douloureux, incertains, brisés ! Toutes ses mazurkas donnent envie de pleurer.

—C’est pourquoi on les danse; vous voyez, cher enfant, des gens désolés pourraient seuls choisir une pareille musique. A propos, comment danse-t-on chez vous ?

—Chez nous ? on saute, on se trémousse, on rit haut, on crie un peu.

—Drôles de gens ! et pourquoi ?

—Parce qu’ils sont joyeux et qu’ils ont besoin de remuer leurs membres.

—Ici, quatre pas en avant, autant en arrière, une rotation gênée par le conflit des robes voisines, deux ou trois inclinations géométriques. Les fileurs de coton dans la prison de Poissy font précisément les mêmes mouvements.

—Mais ces gens causent.

—Avancez et écoutez; il n’y a pas d’indiscrétion, je vous jure. »

Il revint au bout d’un instant.

« Qu’a dit l’homme ?