—Voyons.

—Tel air fait penser à des scènes d’amour; tel autre fait imaginer de grands paysages, des événements tragiques.

—Et si on n’a pas ces rêveries, la musique ennuie ?

—Certainement; à moins qu’on ne soit professeur d’harmonie.

—Mais les assistants n’étaient pas professeurs d’harmonie ?

—Non certes.

—En sorte qu’ils ont eu toutes ces rêveries dont vous parlez; sinon ils se seraient ennuyés; et, s’ils s’étaient ennuyés, ils n’auraient pas payé ni applaudi.

—Bien raisonné.

—Expliquez-moi donc les rêveries qu’ils ont eues; par exemple cette sérénade dont parle mon programme, la sérénade de don Pasquale.

—Cela peint l’amour heureux, plein de volupté, d’insouciance. On voit un beau jeune homme les yeux riants, la joue en feu, dans un jardin d’Italie; sous la lune sereine, au bourdonnement de la brise, il attend sa maîtresse, songe à son sourire, et peu à peu en notes cadencées, la joie et la tendresse sortent harmonieusement de son cœur.