C'était un vrai tableau de Murillo! Le mari avait, sous des orbites creusés et noircis, des yeux de feu. Sa face était desséchée, son crâne sans cheveux, et son corps d'une maigreur effroyable.—La femme!... imaginez-la?—non!—vous ne la feriez pas vraie.—Elle avait une admirable taille; elle était pâle, mais belle encore; son teint, par un privilége inouï pour une Espagnole, était éclatant de blancheur; mais son regard tombait sur vous comme un jet de plomb fondu... son beau front, orné de perles, et blanc, ressemblait au marbre d'une tombe; il y avait un mort enseveli dans son coeur!... C'était la douleur espagnole dans tout son lustre.
Inutile de dire que le chirurgien avait disparu.
—Madame, demandai-je à la comtesse vers la fin de la soirée, par quel événement avez-vous donc perdu le bras?
—Dans la guerre de l'indépendance... dit-elle.