—Je ne vous veux pas de mal, dit Philomène en continuant, rassurez-vous, je ne dirai pas un mot à ma mère, et vous pourrez voir Jérôme tant que vous voudrez.
—Mais, mademoiselle, répondit Mariette, c'est en tout bien, tout honneur, Jérôme n'a pas d'autre intention que celle de m'épouser...
—Mais alors, pourquoi vous donner des rendez-vous la nuit?
Mariette atterrée ne sut rien répondre.
—Écoutez, Mariette, j'aime aussi, moi! J'aime en secret et toute seule. Je suis, après tout, unique enfant de mon père et de ma mère; ainsi vous avez plus à espérer de moi que de qui que ce soit au monde...
—Certainement, mademoiselle, vous pouvez compter sur nous à la vie et à la mort, s'écria Mariette, heureuse de ce dénoûment imprévu.
—D'abord, silence pour silence, dit Philomène. Je ne veux pas épouser monsieur de Soulas; mais je veux, et absolument, une certaine chose: ma protection ne vous appartient qu'à ce prix.
—Quoi? demanda Mariette.
—Je veux voir les lettres que monsieur Savaron fera mettre à la poste par Jérôme.