—Mais pourquoi faire? dit Mariette effrayée.
—Oh! rien que pour lire, et vous les jetterez vous-même à la poste après. Cela ne fera qu'un peu de retard, voilà tout.
En ce moment, Philomène et Mariette entrèrent à l'église, et chacune d'elles fit ses réflexions, au lieu de lire l'Ordinaire de la messe.
—Mon Dieu! combien y a-t-il donc de péchés dans tout cela? se dit Mariette.
Philomène, dont l'âme, la tête et le cœur étaient bouleversés par la lecture de la Nouvelle, y vit enfin une sorte d'histoire écrite pour sa rivale. A force de réfléchir, comme les enfants, à la même chose, elle finit par penser que la Revue de l'Est devait être envoyée à la bien-aimée d'Albert.
—Oh! se disait-elle à genoux, la tête plongée dans ses mains, et dans l'attitude d'une personne abîmée dans la prière, oh! comment amener mon père à consulter la liste des gens à qui l'on envoie cette Revue?
Après le déjeuner, elle fit un tour de jardin avec son père, en le cajolant, et l'amena sous le kiosque.
—Crois-tu, mon cher petit père, que notre Revue aille à l'étranger?
—Elle ne fait que commencer...
—Eh! bien, je parie qu'elle y va.