—Après-demain matin.

Le lendemain, vers minuit, au bal de l'Opéra, Nathan se promenait dans le foyer en donnant le bras à un masque d'un air assez marital. Après deux ou trois tours, deux femmes masquées les abordèrent.

—Pauvre sot! tu te perds, Marie est ici et te voit, dit à Nathan Vandenesse qui s'était déguisé en femme.

—Si tu veux m'écouter, tu sauras des secrets que Nathan t'a cachés, et qui t'apprendront les dangers que court ton amour pour lui, dit en tremblant la comtesse à Florine.

Nathan avait brusquement quitté le bras de Florine pour suivre le comte qui s'était dérobé dans la foule à ses regards. Florine alla s'asseoir à côté de la comtesse, qui l'entraîna sur une banquette à côté de Vandenesse, revenu pour protéger sa femme.

—Explique-toi, ma chère, dit Florine, et ne crois pas me faire poser longtemps. Personne au monde ne m'arrachera Raoul, vois-tu: je le tiens par l'habitude, qui vaut bien l'amour.

—D'abord es-tu Florine? dit Félix en reprenant sa voix naturelle.

—Belle question! si tu ne le sais pas, comment veux-tu que je te croie, farceur?

—Va demander à Nathan, qui maintenant cherche la maîtresse de qui je parle, où il a passé la nuit il y a trois jours! Il s'est asphyxié, ma petite, à ton insu, faute d'argent. Voilà comment tu es au fait des affaires d'un homme que tu dis aimer, et tu le laisses sans le sou, et il se tue; ou plutôt il ne se tue pas, il se manque. Un suicide manqué, c'est aussi ridicule qu'un duel sans égratignure.

—Tu mens, dit Florine. Il a dîné chez moi ce jour-là, mais après le soleil couché. Le pauvre garçon était poursuivi. Il s'est caché, voilà tout.