—Assez, dit le vieux soldat, ta passion est, je le vois, inébranlable!

—Inébranlable.

—Rien ne peut te faire changer?...

—Rien au monde!

—Tu ne supposes aucun événement, aucune trahison, reprit le vieux soldat, tu l'aimes quand même, à cause de son charme personnel, et ce serait un d'Estourny, tu l'aimerais encore?...

—Oh! mon père... vous ne connaissez pas votre fille. Pourrais-je aimer un lâche, un homme sans foi, sans honneur, un gibier de potence?...

—Et si tu avais été trompée?...

—Par ce charmant et candide garçon, presque mélancolique?... vous riez, ou vous ne l'avez pas vu.

—Enfin, fort heureusement ton amour n'est plus absolu, comme tu le disais. Je te fais apercevoir des circonstances qui modifieraient ton poëme... Eh bien! comprends-tu que les pères soient bons à quelque chose...

—Vous voulez donner une leçon à votre enfant, papa. Ceci tourne au Berquin...