—Ah! c'est vrai, dit le comte, j'y songerai, croyez-le bien.—Quant au prince Czerni-Georges, l'ami d'Ali-Pacha, l'aide de camp de Mina, dit le comte en s'avançant vers Georges.

—Lui?... mon second clerc! s'écria Crottat.

—Vous êtes dans l'erreur, maître Crottat, dit le comte d'un air sévère. Un clerc qui veut être notaire un jour ne laisse pas des pièces importantes dans les diligences à la merci des voyageurs! Un clerc qui veut être notaire ne dépense pas vingt francs entre Paris et Moisselles! Un clerc qui veut être notaire ne s'expose pas à être arrêté comme transfuge...

—Monseigneur, dit Georges Marest, j'ai pu m'amuser à mystifier des bourgeois en voyage; mais...

—Laissez donc parler Son Excellence, lui dit son patron en lui donnant un grand coup de coude dans le flanc.

—Un notaire doit avoir de bonne heure de la discrétion, de la finesse, et ne pas prendre un ministre d'État pour un fabricant de chandelles...

—Je passe condamnation sur mes fautes, mais je n'ai pas laissé mes actes à la merci... dit Georges.

—Vous commettez en ce moment la faute de donner un démenti à un ministre d'État, à un pair de France, à un gentilhomme, à un vieillard, à un client. Cherchez votre projet de vente?

Le clerc froissa tous les papiers de son portefeuille.

—Ne brouillez pas vos papiers, dit le ministre d'État en tirant l'acte de sa poche, voici ce que vous cherchez.