—Hé! bien, à quoi bon la doctrine?

—Oh! pour en juger, monsieur, il faut vous mettre au point de vue très-élevé d'où vous pouvez embrasser clairement un aspect général de l'Humanité. Ici, nous entrons en plein Ballanche! Connaissez-vous monsieur Ballanche?

—Nous ne faisons que de ça! dit le fou qui entendit de la planche.

—Bon, reprit Gaudissart. Eh! bien, si le spectacle palingénésique des transformations successives du Globe spiritualisé vous touche, vous transporte, vous émeut; eh! bien, mon cher monsieur, le journal le Globe, bon nom qui en exprime nettement la mission, le Globe est le cicerone qui vous expliquera tous les matins les conditions nouvelles dans lesquelles s'accomplira, dans peu de temps, le changement politique et moral du monde.

Quèsaco! dit le bonhomme.

—Je vais vous faire comprendre le raisonnement par une image, reprit Gaudissart. Si, enfants, nos bonnes nous ont menés chez Séraphin, ne faut-il pas, à nous vieillards, les tableaux de l'avenir? Ces messieurs...

—Boivent-ils du vin?

—Oui, monsieur. Leur maison est montée, je puis le dire, sur un excellent pied, un pied prophétique: beaux salons, toutes les sommités, grandes réceptions.

—Eh! bien, dit le fou, les ouvriers qui démolissent ont bien autant besoin de vin que ceux qui bâtissent.

—A plus forte raison, monsieur, quand on démolit d'une main et qu'on reconstruit de l'autre, comme le font les apôtres du Globe.