—Mais, ma fille, il n'a encore rien dit, fit en riant l'abbé.

—Mais cela se voit dans la tournure, sur la physionomie. Est-il garçon?

—Je n'en sais rien, répondit l'abbé qui pensait à une discussion sur la grâce émue entre l'abbé Couturier et lui. Monsieur de Troisville m'a écrit qu'il désirait acquérir une maison ici.—S'il était marié il ne serait pas venu seul, reprit-il d'un air insouciant; car il n'admettait pas que sa nièce pût penser à se marier.

—Est-il riche?

—Il est le cadet d'une branche cadette, répondit l'oncle. Son grand-père a commandé des escadres; mais le père de ce jeune homme a fait un mauvais mariage.

—Ce jeune homme! répéta la vieille fille. Mais il me semble, mon oncle, qu'il a bien quarante-cinq ans, dit-elle; car elle éprouvait un excessif désir de mettre leurs âges en rapport.

—Oui, dit l'abbé. Mais à un pauvre prêtre de soixante-dix ans, Rose, un quadragénaire paraît jeune.

En ce moment, tout Alençon savait que monsieur le vicomte de Troisville était arrivé chez mademoiselle Cormon. L'étranger rejoignit bientôt ses hôtes, et se prit à admirer la vue de la Brillante, le jardin et la maison.

—Monsieur l'abbé, dit-il, toute mon ambition serait de trouver une habitation semblable à celle-ci. La vieille fille voulut voir une déclaration dans cette phrase, et baissa les yeux.—Vous devez bien vous y plaire, mademoiselle? reprit le vicomte.

—Comment ne m'y plairais-je pas! elle est dans notre famille depuis l'an 1574, époque à laquelle un de nos ancêtres, intendant du duc d'Alençon, acquit ce terrain et la fit bâtir, dit mademoiselle Cormon. Elle est sur pilotis.