Jacquelin annonça le dîner; monsieur de Troisville offrit son bras à l'heureuse fille qui tâcha de ne pas trop s'y appuyer, elle craignait encore tant d'avoir l'air de faire des avances!

—Tout est très-harmonieux ici, dit le vicomte en s'asseyant à table.

—Nos arbres sont pleins d'oiseaux qui nous font de la musique à bon marché; personne ne les tracasse et toutes les nuits le rossignol chante, dit mademoiselle Cormon.

—Je parle de l'intérieur de la maison, fit observer le vicomte qui ne se donna pas la peine d'étudier mademoiselle Cormon et ne reconnut point sa nullité d'esprit.—Oui, tout y est en rapport, les tons de couleur, les meubles, la physionomie.

—Cependant, elle nous coûte beaucoup, les impositions sont énormes, répondit l'excellente fille frappée du mot rapport.

—Ah! les impositions sont chères ici? demanda le vicomte qui, préoccupé de ses idées, ne remarqua point le coq-à-l'âne.

—Je ne sais pas, dit l'abbé. Ma nièce est chargée de l'administration de nos deux fortunes.

—Les impositions sont des misères pour des personnes riches, reprit mademoiselle Cormon qui ne voulut point paraître avare. Quant aux meubles, je les laisserai comme ils sont et n'y ferai rien changer: à moins que je ne me marie; car alors il faudra que tout ici soit au goût du maître.

—Vous êtes dans les grands principes, mademoiselle, dit en souriant le vicomte, vous ferez un heureux...

—Jamais personne ne m'a dit un si joli mot, pensa la vieille fille.