—Bah! fit la princesse.

—Quelle est votre idée, vidame? demanda le marquis.

—Si la duchesse était naïve, je croirais...

—Mais une femme qui aime devient naïve, mon pauvre vidame. Vous vieillissez donc?

—Enfin, que faire? dit le duc.

—Si ma chère nièce est sage, répondit la princesse, elle ira ce soir à la Cour, puisque, par bonheur, nous sommes un lundi, jour de réception; vous verrez à la bien entourer et à démentir ce bruit ridicule. Il y a mille moyens d’expliquer les choses; et si le marquis de Montriveau est un galant homme, il s’y prêtera. Nous ferons entendre raison à ces enfants-là...

—Mais il est difficile de rompre en visière à monsieur de Montriveau, chère tante, c’est un élève de Bonaparte, et il a une position. Comment donc! c’est un seigneur du jour, il a un commandement important dans la Garde, où il est très-utile. Il n’a pas la moindre ambition. Au premier mot qui lui déplairait, il est homme à dire au roi:—Voilà ma démission, laissez-moi tranquille.

—Comment pense-t-il donc?

—Très-mal.

—Vraiment, dit la princesse, le roi reste ce qu’il a toujours été, un jacobin fleurdelisé.