—Pantoufle! il y en a un qui me donne le frisson, répondit Paul.
—Qui es-tu, toi qui as l’air d’être le plus chrétien des deux? dit Henri en regardant l’homme malheureux.
Le mulâtre resta les yeux attachés sur ces deux jeunes gens, en homme qui n’entendait rien, et qui cherchait néanmoins à deviner quelque chose d’après les gestes et le mouvement des lèvres.
—Je suis écrivain public et interprète. Je demeure au Palais de Justice et me nomme Poincet.
—Bon! Et celui-là? dit Henri à Poincet en montrant le mulâtre.
—Je ne sais pas; il ne parle qu’une espèce de patois espagnol, et m’a emmené ici pour pouvoir s’entendre avec vous.
Le mulâtre tira de sa poche la lettre écrite à Paquita par Henri, et la lui remit. Henri la jeta dans le feu.
—Eh! bien, voilà qui commence à se dessiner, se dit en lui-même Henri. Paul, laisse-nous seuls un moment.
—Je lui ai traduit cette lettre, reprit l’interprète lorsqu’ils furent seuls. Quand elle fut traduite, il a été je ne sais où. Puis il est revenu me chercher pour m’amener ici en me promettant deux louis.
—Qu’as-tu à me dire, Chinois? demanda Henri.