—Ma cousine... répondit Eugène.

—Hein? fit la vicomtesse en lui jetant un regard dont l’impertinence glaça l’étudiant.

Eugène comprit ce hein. Depuis trois heures il avait appris tant de choses, qu’il s’était mis sur le qui-vive.

—Madame, reprit-il en rougissant. Il hésita, puis il dit en continuant: Pardonnez-moi; j’ai besoin de tant de protection qu’un bout de parenté n’aurait rien gâté.

Madame de Beauséant sourit, mais tristement: elle sentait déjà le malheur qui grondait dans son atmosphère.

—Si vous connaissiez la situation dans laquelle se trouve ma famille, dit-il en continuant, vous aimeriez à jouer le rôle d’une de ces fées fabuleuses qui se plaisaient à dissiper les obstacles autour de leurs filleuls.

—Eh! bien, mon cousin, dit-elle en riant, à quoi puis-je vous être bonne?

—Mais le sais-je? Vous appartenir par un lien de parenté qui se perd dans l’ombre est déjà toute une fortune. Vous m’avez troublé, je ne sais plus ce que je venais vous dire. Vous êtes la seule personne que je connaisse à Paris. Ah! je voulais vous consulter en vous demandant de m’accepter comme un pauvre enfant qui désire se coudre à votre jupe, et qui saurait mourir pour vous.

—Vous tueriez quelqu’un pour moi?

—J’en tuerais deux, fit Eugène.