—Il est avec un monsieur, dit la vieille en se retirant.
Jules aperçut en effet un homme occupé à panser un cordon de plaies, produites par une certaine quantité de brûlures pratiquées sur les épaules de Ferragus, dont il reconnut la tête, d’après la description que lui en avait faite monsieur de Maulincour.
—Quand crois-tu que je serai guéri, demandait-il.
—Je ne sais, répondit l’inconnu; mais, au dire des médecins, il faudra bien encore sept ou huit pansements.
—Eh! bien, à ce soir, dit Ferragus en tendant la main à celui qui venait de poser la dernière bande de l’appareil.
—A ce soir, répondit l’inconnu en serrant cordialement la main de Ferragus. Je voudrais te voir quitte de tes souffrances.
—Enfin, les papiers de monsieur de Funcal nous seront remis demain et Henri Bourignard est bien mort, reprit Ferragus. Les deux fatales lettres qui nous ont coûté si cher n’existent plus. Je redeviendrai donc quelque chose de social, un homme parmi les hommes, et je vaux bien le marin qu’ont mangé les poissons. Dieu sait si c’est pour moi que je me fais comte!
—Pauvre Gratien, toi, notre plus forte tête, notre frère chéri, tu es le Benjamin de la bande; tu le sais.
—Adieu! surveillez bien mon Maulincour.
—Sois en paix sur ce point.