—Il est mon confesseur.

—Sait-il que je vous aime?

—Monsieur de Montriveau, vous ne prétendez pas, je pense, pénétrer les secrets de ma confession?

—Ainsi cet homme connaît toutes nos querelles et mon amour pour vous...

—Un homme, monsieur! dites Dieu.

—Dieu! Dieu! je dois être seul dans votre cœur. Mais laissez Dieu tranquille là où il est, pour l’amour de lui et de moi. Madame, vous n’irez plus à confesse, ou...

—Ou? dit-elle en souriant.

—Ou je ne reviendrai plus ici.

—Partez, Armand. Adieu, adieu pour jamais.

Elle se leva et s’en alla dans son boudoir, sans jeter un seul regard à Montriveau, qui resta debout, la main appuyée sur une chaise. Combien de temps resta-t-il ainsi, jamais il ne le sut lui-même. L’âme a le pouvoir inconnu d’étendre comme de resserrer l’espace. Il ouvrit la porte du boudoir, il y faisait nuit. Une voix faible devint forte pour dire aigrement:—Je n’ai pas sonné. D’ailleurs pourquoi donc entrer sans ordre? Suzette, laissez-moi.