—Dame! oui, monsieur. C’est un fer à cheval ramassé dans la rue qui a mené le Préfet de police à la découverte de la machine infernale. Eh! bien, quand nous irions ce soir, à la nuit, en fiacre chez monsieur de Saint-Germain, il ne se soucierait pas plus de vous voir entrant chez lui que vous d’être vu y allant.
—C’esd chiste, dit le baron.
—Ah! c’est le fort des forts, le second du fameux Corentin, le bras droit de Fouché, que d’aucuns disent son fils naturel, il l’aurait eu étant prêtre; mais c’est des bêtises: Fouché savait être prêtre, comme il a su être ministre. Eh! bien, vous ne ferez pas travailler cet homme-là, voyez-vous, à moins de dix billets de mille francs... pensez-y... Mais votre affaire sera faite, et bien faite. Ni vu ni connu, comme on dit. Je devrai prévenir monsieur de Saint-Germain, et il vous assignera quelque rendez-vous dans un endroit où personne ne pourra rien voir ni rien entendre, car il court des dangers à faire de la police pour le compte des particuliers. Mais, que voulez-vous?... c’est un brave homme, le roi des hommes, et un homme qui a essuyé de grandes persécutions, et pour avoir sauvé la France, encore!...
—Ai pien, di m’egriras l’hire tu Percher, dit le baron en souriant de cette vulgaire plaisanterie.
—Monsieur le baron ne me graisse pas la patte?... dit Contenson avec un air à la fois humble et menaçant.
—Chan, cria le baron à son jardinier, fa temanter fint vrancs à Cheorche, et abborde-les-moi...
—Si monsieur le baron n’a pas d’autres renseignements que ceux qu’il m’a donnés, je doute cependant que le maître puisse lui être utile.
—Chen ai t’audres! répondit le baron d’un air fin.
—J’ai l’honneur de saluer monsieur le baron, dit Contenson en prenant la pièce de vingts francs, j’aurai l’honneur de venir dire à Georges où monsieur devra se trouver ce soir, car il ne faut jamais rien écrire en bonne police.
—C’edde trolle gomme ces caillarts onte de l’esbrit, se dit le baron, c’edde en bolice, dou gomme tans les avvaires.