—Monsieur William Barker, créancier de monsieur d’Estourny; mais je vais démontrer la nécessité de fermer vos portes, puisque vous le désirez. Nous savons, monsieur, quelles ont été vos relations avec les Petit-Claud, les Cointet et les Séchard d’Angoulême...
A ces mots, Cérizet s’élança vers la porte et la ferma, revint à une autre porte qui donnait dans une chambre à coucher, la verrouilla; puis il dit à l’inconnu:—Plus bas, monsieur! Et il examina le faux Anglais en lui disant:—Que voulez-vous de moi?...
—Mon Dieu! reprit William Barker, chacun pour soi, dans ce monde. Vous avez les fonds de ce drôle de d’Estourny... Rassurez-vous, je ne viens pas vous les demander; mais, pressé par moi, ce fripon qui mérite la corde, entre nous, m’a donné ces valeurs en me disant qu’il pouvait y avoir quelque chance de les réaliser; et, comme je ne veux pas poursuivre en mon nom, il m’a dit que vous ne me refuseriez pas le vôtre.
Cérizet regarda la lettre de change, et dit:—Mais il n’est plus à Francfort...
—Je le sais, répondit le faux Barker, mais il pouvait encore y être à la date de ces traites...
—Mais je ne veux pas être responsable, dit Cérizet...
—Je ne vous demande pas ce sacrifice, reprit le faux Anglais; vous pouvez être chargé de les recevoir. Acquittez-les, et je me charge d’opérer le recouvrement.
—Je suis étonné de voir à d’Estourny autant de défiance de moi, reprit Cérizet.
—Il sait bien des choses, répondit l’Espagnol; mais ne le blâmez pas d’avoir mis ses œufs dans plusieurs paniers.
—Est-ce que vous croiriez?... demanda le petit faiseur d’affaires en rendant au faux Anglais les lettres de change acquittées et en règle.