—Fa, Gondenson!... cria Nucingen. Mon gaissier temeure au goin te la rie tes Madurins et de l’Argate. Foissi ein mode avin qu’il ale ghès ti Dilet ou ghès les Keller, tans le gas où nus n’aurions bas sante mil égus, gar nodre archand ed dude à la Panque...—Habilés-fous, mon anche, dit-il à Esther, fous êdes lipre.—Les fieilles phâmes, s’écria-t-il en regardant Asie, sonte blis tanchereusses que les cheûnes...
—Je vais aller faire rire le créancier, lui dit Asie, et il me donnera de quoi m’amuser aujourd’hui.—Zan rangune monnessier le paron... ajouta la mulâtresse en faisant une horrible révérence.
Louchard reprit les titres des mains du baron, et resta seul avec lui au salon, où, une demi-heure après, le caissier vint suivi de Contenson. Esther reparut alors dans une toilette ravissante, quoique improvisée. Quand les fonds eurent été comptés par Louchard, le baron voulut examiner les titres; mais Esther s’en saisit par un geste de chatte et les porta dans son secrétaire.
—Que donnez-vous pour la canaille?... dit Contenson à Nucingen.
—Fus n’affez pas î paugoup d’eccarts, dit le baron.
—Et ma jambe!... s’écria Contenson.
—Lûchart, vis tonnerez sante vrans à Gondanson sir le reste du pilet te mile...
—C’esde eine pien pelle phâme! disait le caissier au baron de Nucingen en sortant de la rue Taitbout, mais elle goûde pien cher à monnessière le paron.
—Cartez-moi le segrête, dit le baron qui avait aussi demandé le secret à Contenson et à Louchard.
Louchard s’en alla suivi de Contenson; mais, sur le boulevard, Asie qui le guettait, arrêta le Garde du Commerce.