—Si vous faites bien les choses, dit le comte, ces dames disent que madame Champy fait trop sa tête... Si vous ne voulez pas vous souvenir de moi, daignerez-vous reconnaître Mariette, Tullia, madame du Val-Noble, dit le colonel en faveur auprès du Dauphin.

—Si ces dames sont bonnes pour moi, je suis disposée à leur être très-agréable, répondit sèchement madame de Champy.

—Bonnes! dit Philippe, elles sont excellentes, elles vous surnomment Jeanne-d’Arc.

Eh! pien, si ces tames feulent fus dennir gombagnie, dit Nucingen, che fus laiserai sèle, gar chai drob manché. Vodre foidire fientra vus brentre afec vos chens... Tiaple t’Acie!...

—Pour la première fois, vous me laisseriez seule! dit Esther. Allons donc! il faut savoir mourir sur votre bord. J’ai besoin de mon homme pour sortir. Si j’étais insultée, je crierais donc pour rien?...

L’égoïsme du vieux millionnaire dut céder devant les obligations de l’amoureux. Le baron souffrit et resta. Esther avait ses raisons pour garder le baron. Si elle devait recevoir les visites de ses anciennes connaissances, elle ne devait pas être questionnée aussi sérieusement en compagnie qu’elle l’aurait été seule. Philippe Bridau se hâta de revenir dans la loge des danseuses.

—Ah! c’est elle qui hérite de ma maison de la rue Saint-Georges! dit au comte de Brambourg avec amertume madame du Val-Noble qui, dans le langage de ces sortes de femmes, se trouvait à pied.

—Probablement, répondit-il. Du Tillet m’a dit que le baron y avait dépensé trois fois autant que votre pauvre Falleix.

—Allons donc la voir, dit Tullia.

—Ma foi! non, répliqua Mariette, elle est trop belle... J’irai la voir chez elle.