Et il fit un geste d’intelligence à Carlos qui répondit par un geste d’assentiment en comprenant que le nabab devait rester dans son rôle. Mais la scène changea subitement par l’entrée d’un personnage sur qui Carlos ni le préfet de police ne pouvaient rien. Corentin se montra soudain. Il avait trouvé la porte ouverte, il venait voir en passant comment son vieux Peyrade jouait son rôle de nabab.

—Le préfet m’otolondre toujours! dit Peyrade à l’oreille de Corentin, il m’a découvert en nabab.

—Nous ferons tomber le préfet, répondit Corentin à l’oreille de son ami.

Puis, après avoir salué froidement, il se mit à examiner sournoisement le magistrat.

—Restez ici jusqu’à mon retour; je vais à la Préfecture, dit Carlos. Si vous ne me voyez pas, vous pourrez vous passer votre fantaisie.

Après avoir dit ces mots à l’oreille de Peyrade afin de ne pas en démolir le personnage aux yeux de la femme de chambre, Carlos sortit, ne se souciant pas de rester sous le regard du nouveau venu, dans lequel il reconnut une de ces natures blondes, à œil bleu, terribles à froid.

—C’est l’officier de paix que m’a envoyé le préfet, dit Peyrade à Corentin.

—Ça! répondit Corentin, tu t’es laissé mettre dedans. Cet homme a trois jeux de cartes dans ses souliers, cela se voit à la position du pied dans le soulier; et un officier de paix n’a pas besoin de se déguiser!

Corentin descendit avec rapidité pour éclaircir ses soupçons; Carlos montait en fiacre.

—Eh! monsieur l’abbé?... cria Corentin. Carlos tourna la tête, vit Corentin, et monta dans son fiacre; mais Corentin eut le temps de lui dire à la portière:—Voilà tout ce que je voulais savoir.—Quai Malaquais! cria Corentin au cocher en mettant d’infernales railleries dans son accent et dans son regard.