—Par la brèche! dit-elle en entraînant Laurence, mon noble homme y est, vous allez apprendre ce que vaut un Judas!

Catherine entra vivement au salon, y prit la cravache, les gants, le chapeau, le voile de sa maîtresse, et sortit. Cette brusque apparition et l’action de Catherine étaient un si parlant commentaire des paroles du maire, que madame d’Hauteserre et l’abbé Goujet échangèrent un regard par lequel ils se communiquèrent cette horrible pensée:—Adieu tout notre bonheur! Laurence conspire, elle a perdu ses cousins et les deux d’Hauteserre.

—Que voulez-vous dire? demanda monsieur d’Hauteserre à Goulard.

—Mais le château est cerné, vous allez avoir à subir une visite domiciliaire. Enfin, si vos fils sont ici, faites-les sauver ainsi que messieurs de Simeuse.

—Mes fils! s’écria madame d’Hauteserre stupéfaite.

—Nous n’avons vu personne, dit monsieur d’Hauteserre.

—Tant mieux! dit Goulard. Mais j’aime trop la famille de Cinq-Cygne et celle de Simeuse pour leur voir arriver malheur. Écoutez-moi bien. Si vous avez des papiers compromettants...

—Des papiers?... répéta le gentilhomme.

—Oui, si vous en avez, brûlez-les, reprit le maire, je vais vous amuser les agents.

Goulard, qui voulait ménager la chèvre royaliste et le chou républicain, sortit, et les chiens aboyèrent alors avec violence.