—N’avez-vous donc pas assez bu? s’écria la mère de Marthe. Voilà la quatorzième bouteille depuis hier neuf heures...

—Vous êtes là depuis neuf heures ce matin? dit Corentin à Violette.

—Non, faites excuse. Depuis hier au soir, je n’ai pas quitté la place, et je n’ai rien gagné: plus il me fait boire, plus il me surfait ses biens.

—Dans les marchés, qui hausse le coude, fait hausser le prix, dit Corentin.

Une douzaine de bouteilles vides, rangées au bout de la table, attestaient le dire de la vieille. En ce moment, le gendarme fit signe du dehors à Corentin et lui dit à l’oreille, sur le pas de la porte:

—Il n’y a point de cheval à l’écurie.

—Vous avez envoyé votre petit sur votre cheval à la ville, dit Corentin en rentrant, il ne peut tarder à revenir.

—Non, monsieur, dit Marthe, il est à pied.

—Eh bien! qu’avez-vous fait de votre cheval?

—Je l’ai prêté, répondit Michu d’un ton sec.