—Le chef des Chargebœuf! dit le marquis de Simeuse, un homme qui a pour devise: Vienne un plus fort! (Adsit fortior!) un des plus beaux cris de guerre.
—Il est devenu le bœuf, dit Laurence en souriant avec amertume.
—Nous ne sommes plus au temps de saint Louis, reprit le cadet des Simeuse.
—Mourir en chantant! s’écria la comtesse. Ce cri des cinq jeunes filles qui firent notre maison sera le mien.
—Le nôtre n’est-il pas: Cy meurs! Ainsi pas de quartier! reprit l’aîné des Simeuse, car en réfléchissant nous trouverions que notre parent le Bœuf a bien sagement ruminé ce qu’il est venu nous dire. Gondreville devenir le nom d’un Malin!
—La demeure! s’écria le cadet.
—Mansart l’a dessiné pour la noblesse, et le Peuple y fera ses petits! dit l’aîné.
—Si cela devait être, j’aimerais mieux voir Gondreville brûlé! s’écria mademoiselle de Cinq-Cygne.
Un homme du village qui venait voir un veau que lui vendait le bonhomme d’Hauteserre entendit cette phrase en sortant de l’étable.
—Rentrons, dit Laurence en souriant, nous avons failli commettre une imprudence et donner raison au bœuf à propos d’un veau. Mon pauvre Michu! dit-elle en rentrant au salon, j’avais oublié ta frasque, mais nous ne sommes pas en odeur de sainteté dans le pays, ainsi ne nous compromets pas. As-tu quelque autre peccadille à te reprocher?