—Je me reproche de n’avoir pas tué l’assassin de mes vieux maîtres avant d’accourir au secours de ceux-ci.
—Michu! s’écria le curé.
—Mais je ne quitterai pas le pays, dit-il en continuant sans faire attention à l’exclamation du curé, que je ne sache si vous y êtes en sûreté. J’y vois rôder des gars qui ne me plaisent guère. La dernière fois que nous avons chassé dans la forêt, il est venu à moi cette manière de garde qui m’a remplacé à Gondreville, et qui m’a demandé si nous étions là chez nous. «Oh! mon garçon, lui ai-je dit, il est difficile de se déshabituer en deux mois des choses qu’on fait depuis deux siècles.»
—Tu as tort, Michu, dit en souriant de plaisir le marquis de Simeuse.
—Qu’a-t-il répondu? demanda M. d’Hauteserre.
—Il a dit, reprit Michu, qu’il instruirait le sénateur de nos prétentions.
—Comte de Gondreville! reprit l’aîné des d’Hauteserre. Ah! la bonne mascarade! Au fait, on dit Sa Majesté à Bonaparte.
—Et Son Altesse à monseigneur le Grand-duc de Berg, dit le curé.
—Qui celui-là? fit monsieur de Simeuse.
—Murat, le beau-frère de Napoléon, dit le vieux d’Hauteserre.