Il faisait une de ces belles journées de la fin de mars où l’air est sec, la terre nette, le temps pur, et dont la température forme une espèce de contre-sens avec les arbres sans feuilles. Le temps était si doux, que l’œil apercevait par places des champs de verdure dans la campagne.
—Nous allons chercher un trésor, tandis que vous êtes le vrai trésor de notre maison, cousine, dit en riant l’aîné des Simeuse.
Laurence marchait en avant, ayant de chaque côté de son cheval un de ses cousins. Les deux d’Hauteserre la suivaient, suivis eux-mêmes par Michu. Gothard allait en avant pour éclairer la route.
—Puisque notre fortune va se retrouver, en partie du moins, épousez mon frère, dit le cadet à voix basse. Il vous adore, vous serez aussi riche que doivent l’être les nobles d’aujourd’hui.
—Non, laissez-lui toute sa fortune, et je vous épouserai, moi qui suis assez riche pour deux, répondit-elle.
—Qu’il en soit ainsi, s’écria le marquis de Simeuse. Moi, je vous quitterai pour aller chercher une femme digne d’être votre sœur.
—Vous m’aimez donc moins que je ne le croyais, reprit Laurence en le regardant avec une expression de jalousie.
—Non; je vous aime plus tous les deux que vous ne m’aimez, répondit le marquis.
—Ainsi vous vous sacrifieriez? demanda Laurence à l’aîné des Simeuse en lui jetant un regard plein d’une préférence momentanée.
Le marquis garda le silence.