Le vol une fois accompli avec les caractères de l’assassinat et de l’attaque à main armée, l’enchaînement d’autres faits se prépare et d’autres acteurs vont agir à propos du récit du vol et de sa destination.

Rifoël, caché dans Paris d’où sa main dirigeait chaque fil de cette trame, transmet à Léveillé l’ordre de lui faire tenir au plus vite cinquante mille francs.

Courceuil, propre à toutes les combinaisons de ces forfaits, avait déjà dépêché Hiley pour instruire Léveillé de la réussite et de son arrivée à Mortagne. Léveillé s’y rend.

Vauthier, sur la fidélité de qui l’on croit pouvoir compter, se charge d’aller trouver l’oncle des Chaussard, il arrive à cette maison, le vieillard lui dit qu’il faut s’adresser à ses neveux, qui ont remis de fortes sommes à la dame Bryond. Néanmoins il lui dit d’attendre sur la route, et il lui donne un sac de douze cents francs que Vauthier apporte à la dame Lechantre pour sa fille.

Sur l’instance de Léveillé, Courceuil retourne chez Bourget, qui, cette fois, l’envoie chez ses neveux directement. Chaussard l’aîné emmène Vauthier dans le bois, lui indique un arbre, et l’on y trouve un sac de mille francs enterré. Enfin, Léveillé, Hiley, Vauthier font de nouveaux voyages, et chaque fois une somme minime, en comparaison de celle à laquelle se monte le vol, est donnée.

Madame Lechantre recevait ces sommes à Mortagne; et, sur une lettre d’avis de sa fille, elle les transporte à Saint-Savin, où la dame Bryond était revenue.

Ce n’est pas ici l’instant d’examiner si la dame Lechantre n’avait pas des connaissances antérieures du complot.

Il suffit pour le moment de remarquer que cette dame quitte Mortagne pour venir à Saint-Savin la veille de l’exécution du crime, et en emmène sa fille; que ces dames se rencontrent au milieu de la route, et reviennent à Mortagne; que le lendemain le notaire, averti par Hiley, se rend d’Alençon à Mortagne, va sur-le-champ chez elles, et les décide plus tard à transporter les fonds si péniblement obtenus des frères Chaussard et de Bourget, dans une maison d’Alençon dont il sera bientôt question, celle du sieur Pannier, négociant.

La dame Lechantre écrit au garde de Saint-Savin de la venir chercher elle et sa fille à Mortagne pour les conduire par la traverse vers Alençon.

Ces fonds, montant en tout à 20,000 francs, sont chargés la nuit, et la fille Godard aide à ce chargement.