—Mais qui êtes-vous?...
—Ce que vous voudrez que je sois, mon cher monsieur Goulard, dit l’inconnu, car c’est vous qui déciderez en quoi je serai dans cet arrondissement. Donnez-moi un bon conseil sur ma tenue. Tenez, lisez. Et l’inconnu tendit au sous-préfet une lettre ainsi conçue:
(Cabinet.)
PRÉFECTURE DE L’AUBE.
«Monsieur le sous-préfet,
»Vous vous concerterez avec le porteur de la présente pour l’élection d’Arcis, et vous vous conformerez à tout ce qu’il pourra vous demander. Je vous engage à garder la plus entière discrétion et à le traiter avec les égards dus à son rang.»
Cette lettre était écrite, signée par le préfet.
—Vous avez fait de la prose sans le savoir! dit l’inconnu en reprenant la lettre.
Antonin Goulard, déjà frappé par l’air gentilhomme et les manières de ce personnage, devint respectueux.
—Et comment, monsieur? demanda le sous-préfet.