—Je suis le sous-préfet et je suis né dans le pays.

—Eh bien! comment peut-on y déjouer la curiosité?

—Mais en y satisfaisant. Ainsi, monsieur le comte a son nom de baptême, qu’il le mette sur les registres avec son titre.

—Bien: le comte Maxime...

—Et si monsieur veut prendre la qualité d’administrateur du chemin de fer, Arcis sera content, et l’on peut l’amuser avec ce bâton flottant pendant quinze jours.

—Non, je préfère la condition d’irrigateur, c’est moins commun... Je viens pour mettre les terres de Champagne en valeur. Ce sera, mon cher monsieur Goulard, une raison de m’inviter à dîner chez vous avec les Beauvisage, demain... je tiens à les voir, à les étudier.

—Je suis trop heureux de vous recevoir, dit le sous-préfet; mais je vous demande de l’indulgence pour les misères de ma maison...

—Si je réussis dans l’élection d’Arcis, au gré des vœux de ceux qui m’envoient, vous serez préfet, mon cher ami, dit l’inconnu. Tenez, lisez, dit-il en tendant deux autres lettres à Antonin.

—C’est bien, monsieur le comte, dit Goulard en rendant les lettres.

—Récapitulez toutes les voix dont peut disposer le ministère, et surtout n’ayons pas l’air de nous entendre. Je suis un spéculateur et je me moque des élections!...