—Ne riez pas, comte, vous êtes mon prisonnier. Si vous faites un geste, vous saurez ce dont est capable une femme offensée.
Au moment où le comte et Marie se regardaient avec de bien diverses émotions, des voix confuses criaient dans les rochers: —Sauvez le Gars! Égaillez-vous! sauvez le Gars! Égaillez-vous!...
La voix de Barbette domina le tumulte extérieur et fut entendue dans la chaumière avec des sensations bien différentes par les deux ennemis, car elle parlait moins à son fils qu’à eux.
—Ne vois-tu pas les Bleus? s’écria aigrement Barbette. Viens-tu ici, petit méchant gars, ou je vais à toi! Veux-tu donc attraper des coups de fusil. Allons, sauve-toi vitement.
Pendant tous ces petits événements qui se passèrent rapidement, un Bleu sauta dans le marais.
—Beaupied! lui cria mademoiselle de Verneuil.
Beaupied accourut à cette voix et ajusta le comte un peu mieux que ne le faisait sa libératrice.
—Aristocrate, dit le malin soldat, ne bouge pas ou je te démolis comme la Bastille, en deux temps.
—Monsieur Beaupied, reprit mademoiselle de Verneuil d’une voix caressante, vous me répondez de ce prisonnier. Faites comme vous voudrez, mais il faudra me le rendre sain et sauf à Fougères.
—Suffit, madame.